Qui es-tu?

Salut Humain qui traverse malgré lui la crise causée par la pandémie mondiale!

Il y a une question qui me chicotte depuis plusieurs semaines et que j’ai envie de te poser. Qui es-tu vraiment? Dans ces moments inhabituels qui nous sont imposés, qui es-tu? As-tu pris deux minutes pour te regarder dans le miroir récemment et te demander le rôle que tu joues dans la collectivité?

Si je te pose la question tout d’abord, c’est que personnellement, je me le demande tous les jours. Tour à tour, je tiens plusieurs rôles.

– la fille forte qui tient le phare de sa famille et qui fait tout pour que nous soyons en sécurité;

– celle qui encourage ses adolescents à garder le cap sur leurs études, à entretenir les contacts virtuellement avec leurs amis, et à être fiers d’eux chaque jour où ils vont travailler à la pharmacie;

– la fille responsable qui ne sort que pour marcher ou courir autour de chez-elle et qui se pointe une fois par semaine à l’épicerie de son quartier en respectant à la lettre les mesures fantastiques déployées pour nous permettre de conserver le droit d’aller s’acheter à manger;

– celle qui voit plus régulièrement défiler les heures la nuit alors qu’elle lutte contre un vieux démon anxieux qui essaie de semer la pagaille dans son cœur et sa tête;

– la fille qui sait avec une pointe de tristesse que la vie que nous avons connue jusqu’ici est terminée, mais qui regarde avec espoir vers une nouvelle vie remplie de meilleur et de nouveau;

– celle qui fait de son mieux pour s’aider et aider le monde à passer à travers la crise.

Si je te pose la question, c’est aussi parce que je te rencontre les rares fois où je sors. Généralement, tu me fais sourire mais trop souvent, tu me mets mal à l’aise. J’ai un arrière goût amer d’appartenir à la même race que toi.

Tu sais quand?

Quand tu insultes la jeune fille dans l’entrée de l’épicerie qui te demande gentiment de passer au lavabo te laver les mains. La même jeune fille qui pourrait être chez-elle à écouter des vidéos dans son lit toute la journée mais qui passe toute sa journée debout devant une porte à accueillir les clients. Celle-là même qui ne devrait pas avoir à expliquer à un adulte que les règles qu’elle n’a pas écrites sont les mêmes pour tout le monde.

Quand tu ne me donnes pas mon espace dicté par la distanciation sociale et que tu passes par dessus moi pour prendre ta boîte de céréales au lieu d’attendre ton tour. Tu envahis ma bulle comme si c’était ton droit dans un moment où je me sens le plus vulnérable. Et pourquoi? Pour sauver les vingt-trois secondes que tu perdras de toute façon dans la longue file d’attente pour passer à la caisse?

Quand mes enfants reviennent à la maison le soir après une journée de dix heures à servir les clients à la pharmacie et qu’ils me racontent ce que tu leur dis. «Crisse que vos façon de faire sont niaiseuses!» «Vous capotez pour rien, c’est toujours bin juste la grippe!» «J’ai toujours fait ça d’même, c’est pas toi qui va changer ça!» «Vas me chercher ton boss osti de jeune incompétent!»

Je te repose la question. Qui es-tu?

Quand nous regarderons derrière nous dans quelques mois, dans quelques années, seras-tu fier de ce que tu auras montré aux autres?

Parce que tu peux me dire qui tu es avec des belles paroles et des belles histoires, il n’en reste pas moins que ce sont tes actions qui montrent aux autres ta vraie nature. Dans une crise comme celle que nous vivons présentement, la beauté cachée au fond des humains ressort. Et la laideur aussi. Révélée au grand jour par chacune de tes actions envers les autres et envers toi-même. J’ai un peu honte que nous appartenions à la même race, mais je suis prête à comprendre ce qui t’arrive. Tu vis un stress que tu peines à gérer, tu as peur et ça te mets en colère, l’incertitude pour ton travaille te donne envie de hurler. Je comprends. Mais ça vient me toucher quand tu diriges tes émotions mal gérées envers ceux qui font tout pour t’assurer un minimum de services. Ça vient me tordre le cœur quand je dois regarder mes garçons dans les yeux pour leur expliquer qu’ils n’ont rien fait de mal et de faire preuve d’empathie envers ton manque de contrôle parce que tu es simplement un humain blessé, comme eux.

Tu sais ce qui est cool dans tout ça? C’est que tout ce que nous devrons changer pour pouvoir retourner à une vie collective dans le futur t’offres l’opportunité de changer qui tu es. Que tu travailles, que tu sois au chômage, retraité, jeune, âgé, tu décides qui tu es. Pas ce que les autres sont. Pas ce que tu crois que les autres doivent être pour toi. Qui tu es. Si tu en as envie.

Jamais notre génération n’aura vécu une situation aussi stressante à la grandeur de la planète, une situation qui aura révélé qui nous sommes en tant que peuples, que société, que familles, et en tant qu’individu. Qui sommes-nous? Quand nous regarderons derrière nous dans quelques mois, dans quelques années, seront-nous fiers de ce que nous aurons montré aux autres?

S’il te plait, tu n’es pas une personne plus importante que les autres. Je ne suis pas plus importante que les autres. Je ne suis pas plus importante que toi. J’ai envie d’aider alors je me permets de te faire une suggestion.

Choisis la gentillesse. L’empathie. La patience. Le respect. Choisis l’amour.

Si c’est tout ce que tu peux te permettre de faire pour aider la collectivité, ce sera déjà un grand pas. Si c’est tout ce que tu essaies pour aider mes enfants à croire en l’humanité, ce sera apprécié. Et saches que même si je suis souvent déçue de faire partie de la même race que toi, je t’aime. De loin, mais je t’aime.

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